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Les Éditions Universitaires Européennes : une proposition de publication peut-être trop belle pour être vraie...

18/09/2014

Jeune diplômé de maitrise ou jeune docteur ? Félicitations ! Vous avez peut-être reçu, non sans quelque fierté, un courrier vous proposant de publier votre mémoire de fin d’étude ou votre thèse de doctorat.

Ce courrier émanait d’une société appelée « Les Éditions Universitaires Européennes », « VDM Verlag »,« Presses académiques francophones » ou « Morebooks publishing » et vous proposait une publication immédiate de votre mémoire ou thèse, à des conditions apparemment très intéressantes : publication immédiate et gratuite de votre travail, rémunération s’élevant à 10% du prix de vente, etc.

Cependant, si nous examinons d’un peu plus près les pratiques de ces maisons d’édition, qui se définissent comme « jeunes et novatrices », nous nous apercevons que la réalité n’est pas toujours aussi rose :

  • Ces sociétés recrutent leurs auteurs grâce à des mailings intensifs, envoyés à des adresses récoltées automatiquement sur Facebook, sur les sites des universités, etc.
  • Contrairement aux « vrais éditeurs », ces sociétés n’apportent aucun gage scientifique au travail qu’elles proposent de publier, car celui-ci ne fait strictement l’objet d’aucune sélection préalable. Dès lors, la publication d’un travail chez un tel éditeur, loin d’ajouter un plus à votre CV, peut au contraire nuire à la crédibilité de celui-ci.
  • Les ouvrages ainsi édités sont proposés à la vente en ligne, via des sites tels qu’Amazon. Ils sont imprimés à la demande (print on demand), au fur et à mesure des achats en ligne, ce qui signifie qu’au départ, un seul exemplaire est imprimé : celui envoyé à l’auteur.
  • La rémunération promise de 10% n’est versée qu’à condition d’atteindre un certain montant de vente (plus d’une cinquantaine d’exemplaires de votre travail par an, ce qui constitue un seuil difficilement atteignable) ou encore sous forme de bon-chèque, à dépenser chez le même éditeur !
  • Ces éditeurs n’ont d’universitaires que le nom : aucune institution scientifique n’est derrière afin de se porter garante de la qualité des ouvrages publiés et aucun comité éditorial constitué d’universitaires de renom ne remplit le rôle de comité de lecture.

Sans être illégale, la publication via de tels éditeurs constitue donc plutôt un miroir aux alouettes, jouant sur la fierté de tout jeune auteur en lui laissant (abusivement) croire que son travail a été sélectionné sur base de ses qualités intrinsèques. Si vous souhaitez publier votre mémoire ou votre thèse, il est alors préférable de vous adresser à un véritable éditeur scientifique et de retravailler le texte en profondeur. En effet, le mémoire et a fortiori la thèse de doctorat constitue un type de document très codifié, destiné à des spécialistes en vue de l’obtention d’un diplôme. La refonte en vue d’une publication est l’occasion de retravailler le texte afin de le rendre accessible à un plus large lectorat. Certaines données confidentielles (données privées relatives à des patients ou aux participants à une étude, etc.) ainsi que certaines illustrations dont l’utilisation à des fins commerciales est interdite doivent en outre être retirées de la version publiée.

Une fois votre mémoire ou votre thèse rédigée, c’est donc l’esprit critique du scientifique qui reste votre meilleure arme pour vous prémunir contre les propositions trop belles pour être vraies.

En cas de doute ou pour plus d’informations sur ce sujet délicat, les Bibliothèques de l’ULg sont là pour vous aider.

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