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Empreintes, extrait 1 : découvrez des œuvres issues de l’exposition sur DONum !

07/05/2018

Jusqu’au 20 juillet, une centaine de pièces uniques issues principalement du Fonds patrimonial des Bibliothèques de l’ULiège est exposée à la Cité Miroir. Chaque semaine, nous vous présentons quelques œuvres issues de l’exposition sur DONum, notre portail dédié à la diffusion du patrimoine de l’ULiège, qui compte actuellement déjà plus de 3 000 documents numérisés.

L’Exposition Empreintes met en valeur des manuscrits médiévaux, des incunables, des imprimés, des journaux et des cartes issus principalement des collections des Bibliothèques de l’ULiège, dont certaines pièces n’ont jamais quitté les réserves !

Les oeuvres sont réparties en 8 sections :

  1. Transmission
  2. Mémoire
  3. Art
  4. Croyances
  5. Pouvoir
  6. Contestation
  7. Sciences
  8. Monde

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir deux œuvres issues de la section TRANSMISSION : un recueil de fables de Jean de La Fontaine et un recueil comprenant des fables d’Ésope, né en 620 av. J.-C.. Observez les illustrations, vous voyez le lien ?

Transmission : l'écrit se partage, se transforme, s'adapte... ou se perd

L’écrit a été le moyen principal de transmission de l’information depuis plusieurs millénaires. À partir du second tiers du XIXe, l’enregistrement de l’image puis, plus tard, du son et du mouvement, ont multipliés les canaux de diffusion, sans pour autant diminuer le rôle de l’écrit.

Notre connaissance du monde antique repose pour une part importante sur des sources écrites. Ce n’est pourtant que la partie émergée de l’iceberg. Les changements de support de l’écriture ont occasionné des pertes, l’intégralité des textes existants n’ayant pas été transposés sur le support émergent. D’autres textes ont été détruits après leur usage car jugés éphémères au regard de leurs contemporaines. Dans le meilleur des cas, ils ont fait l’objet de résumés. Les textes jugés immoraux ne nous sont parvenus que par accident.

Contrairement à une idée répandue, la conservation et l’étude des savoirs du passé, y compris des textes « subversifs », sont des préoccupations qui ont perduré durant tout le Moyen Âge et qui ont permis aux textes anciens de parvenir jusqu’à nous. Grâce à des copies réalisées notamment au sein des monastères, les écrits sont précieusement conservés. Les Pères de l’Église nourrissent leurs discours en s’appropriant certains textes d’auteurs classiques, comme Aristote. Les textes latins servent eux aussi de base à une réflexion orientée en fonction du discours de l’Église.

La redécouverte des auteurs classiques à la Renaissance est donc à nuancer : les humanistes apportent en fait de nouvelles traductions (notamment en langues vernaculaires) et des commentaires qui éclairent de manière nouvelle les textes antiques.

Au XVe siècle, l’invention de l’imprimerie va faciliter la diffusion des auteurs classiques, mais également de textes non conformes aux vues de l’Église. Celle-ci réagit au XVIe siècle en listant dans l’Index librorum prohibitorum les ouvrages interdits. En réaction à la Réforme protestante, certains souverains font également établir des listes d’ouvrages qui ne peuvent être lus sans modifications de certains passages (telles que l’Index expurgatorius librorum).

La transmission peut donc parfois être volontairement interrompue par la censure, qu’on retrouve dans de les régimes dictatoriaux mais aussi, sous des traits déguisés, dans les démocraties.

Retrouvez ce texte en version intégrale dans le catalogue de l'exposition !

 

 

Extrait 1 : Ésope, Vita et fabulae

Delft, Henri Eckert de Homberch, 1498, 2° (Liège, Bibliothèques ULiège, XV.C131).

f°31: illustration du Corbeau et du renard.

Selon les témoignages d’Aristote et d’Hérodote notamment, Ésope serait né en 620 av. J.-C. en Thrace au bord de la Mer noire. Toujours selon eux, il aurait été esclave sur l’île de Samos. On ne connaît en fait que peu de choses concernant Ésope. On lui attribue la paternité d’un grand nombre de fables, mais il est presque acquis qu’il ne les écrivait pas. Le premier recueil de fables d’Ésope connu est celui de Démétrios de Phalère au IVe siècle av. J.-C., soit deux cents ans après la mort du fabuliste. Aujourd’hui perdu, ce recueil serait à l’origine de nombreuses versions dont le recueil dit Augustana qui comprend plus de 500 fables en proses dont notamment les fables du Loup et l’Agneau, de La Tortue et le Lièvre, du Corbeau et le Renard

Dès l’Antiquité, les recueils des fables d’Ésope servent de sources d’inspiration à des auteurs comme Phèdre au 1er siècle. Par la suite, ces fables inspireront notamment Marie de France au XIIe siècle.

L’édition en néerlandais de De Homberch en 1498 reprend La vie d’Ésope, les Fables de Romulus, un auteur du XIIe siècle, dont on ne sait pas grand-chose, avec le supplément dit Extravagantes, les Fables d’Alphonse et sept fables du Pogge. Ce contenu est similaire aux éditions françaises sorties des presses lyonnaises en 1482, 1484 et 1486. Chaque texte est accompagné d’une illustration centrale flanquée d’un ou deux éléments de décoration (des personnages, des arbres, des bâtiments…). Ces bois ont été utilisé à plusieurs reprises dans l’ouvrage pour encadrer le bois avec la scène principale.

C. Oger

Consulter l'intégralité de cette œuvre sur DONum

 

 

Extrait 2 : Jean de la Fontaine, Fables choisies mises en vers par J. de La Fontaine

[Bouillon]: A Bouillon, aux dépens de la Société Typographique, 1776, 8° (Liège, Bibliothèques ULiège, Fonds Weissenbruch R18).

p. 4 : Le Corbeau et le renard

Jean de la Fontaine (Château-Thierry, 1621 - Paris, 1695) est aujourd’hui un des auteurs français du XVIIe parmi les plus connus. Auteur de nombreux ouvrages : recueil de contes, romans, il est connu par le grand public pour ses fables.

Lorsque La Fontaine publie son premier recueil de fables en 1668, il est perçu comme un adaptateur des fables d’Ésope et de Phèdre. Il s’inscrit dans la continuité de ceux-ci en conférant à ses fables une dimension pédagogique. Comme il le dit lui-même : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes ». Pourtant La Fontaine innove, ses fables sont en vers et non plus en prose comme c’est le cas chez de nombreux fabulistes. Le style est animé par l’utilisation de dialogues en vers libres. Si le premier recueil s’inspire largement d’Esope et de Phèdre, les recueils suivants puisent dans d’autres sources tels que Tite-Live, Horace…

Dès la première édition, les fables sont présentées comme un court poème surmonté d’une illustration, ce qui compte tenu du caractère moralisateur de celles-ci, les rapproche des livres d’emblèmes très en vogue à l’époque.

La Fontaine va travailler sur ses fables durant une trentaine d’années. Au fil des publications, on peut percevoir au travers de ses textes l’évolution de sa situation et de ses opinions politiques.

Le Corbeau et le Renard est une des premières fables publiées par la Fontaine, on lui connaît deux sources d’inspiration : Esope et Phèdre.

C. Oger

Consulter l’intégralité de l’œuvre sur DONum

 

 

Rendez-vous dans 2 semaines autour du thème « Mémoire » !

 

 

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DONum – Dépôt d’objets numérisés

L’Université et ses différents services œuvrent à la préservation d’un véritable trésor patrimonial, d’une grande valeur culturelle, historique, esthétique ou scientifique.

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Photographies des bannières © Jean-Louis Wertz