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Empreintes, extrait 7 : « Sciences »

04/07/2018

Jusqu’au 20 juillet, une centaine de pièces uniques issues principalement du Fonds patrimonial des Bibliothèques de l’ULiège est exposée à la Cité Miroir. Chaque semaine, nous vous présentons quelques œuvres issues de l’exposition sur DONum, notre portail dédié à la diffusion du patrimoine de l’ULiège, qui compte actuellement déjà plus de 3 000 documents numérisés.

L’Exposition Empreintes met en valeur des manuscrits médiévaux, des incunables, des imprimés, des journaux et des cartes issus principalement des collections des Bibliothèques de l’ULiège, dont certaines pièces n’ont jamais quitté les réserves !

Les œuvres sont réparties en 8 sections :

  1. Transmission
  2. Mémoire
  3. Art
  4. Croyances
  5. Pouvoir
  6. Contestation
  7. Sciences
  8. Monde

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir les études botaniques de Basilius Besler, extraites de la section SCIENCES.

Sciences : écrire, préciser, contredire, corriger et transmettre

La science se construit avec la collaboration de l’écrit depuis l’Antiquité : les observations sont transcrites. Collationnées, elles permettent l’émergence de modèles, transmis, puis précisés, corrigés, ou contredits.

L’écrit aide le chercheur à garder trace de ses observations. Les notes de travail de Minckelers, les carnets de Dumont, les notes de rêves de Frédéricq en sont autant d’exemples.

Une fois collectées, les données s’agencent, permettant au chercheur d’en extraire des résultats potentiellement communicables

Écrite, la science se transmet dans le monde entier. Les travaux des savants grecs de l’Antiquité parviennent en Europe par la civilisation islamique qui a conservé et enrichi leurs œuvres, puis développé les siennes. Le Tacuinum est un exemple des écrits médicinaux arabes parvenus en Europe et traduits en latin à la fin du Moyen Âge.

La science se transmet également de génération en génération. Elle évolue en fonction : à la Renaissance, l’Occident redécouvre les écrits grecs fondateurs en matière d’astronomie, de géographie, de médecine ou de mathématiques. Les Éléments d’Euclide sont ainsi imprimés en Italie au XVe siècle.

L’invention de l’imprimerie et la diffusion d’ouvrages en langues vernaculaires accroissent le lectorat, tandis que les grandes découvertes sont l’occasion d’avancées dans les disciplines anciennes.

Le XVIIe siècle marque un changement d’époque : après Copernic, les progrès se multiplient dans les domaines de l’optique, de l’astronomie, des mathématiques, de la physique et de la chimie. En médecine, se développent avant tout l’anatomie (comme l’illustre l’ouvrage de Bidloo) et la chirurgie. Les sciences naturelles suivent : la flore et la faune du monde entier sont inventoriées, décrites, dessinées (Besler, Clusius, Pallas, Redouté, Mérian).

L’époque contemporaine est marquée par l’accélération du rythme des progrès et l’augmentation des domaines explorés. L’enseignement (y compris scientifique) se développe puis se démocratise. La science se professionnalise.

 

Retrouvez ce texte en version intégrale dans le catalogue de l'exposition !

 

Extrait : Basilius Besler, Hortus Eystettensis sive Diligens et accurata omnium plantarum, florum, stirpium, ex variis orbis terrae partibus, singulari studio collectarum, quae in celeberrimis viridariis arcem episcopalem ibidem cingentibus, hoc tempore conspiciuntur delineatio et ad vivum repraesentatio

Nuremberg, 1613, 4 parties en un volume, Pl° (Liège, Bibliothèques ULiège, R23E).

Ouvert au fol. I, différentes espèces printanières : dentaire, dent-de-chien, primevère officinale, grande pulmonaire.

Le florilège de Basilius Besler (Nuremberg, 1561-1629), apothicaire de Nuremberg, est probablement l’un des plus célèbres. Dans la seconde moitié du XVIe siècle et début du XVIIe siècle, le développement des jardins favorisent les études botaniques et il devient de bon ton de publier un florilège de son jardin. C’est pourquoi, le prince-évêque d’Eichstätt Johan Konrad von Gemmingen, passionné de botanique, confie à Besler la charge de réaliser en 1606-1607 un ouvrage consacré aux jardins du château de Saint-Willebald que l’ecclésiastique avait créés. Von Gemmingen meurt alors que le projet en est à ses prémices et son successeur n’y porte guère d’intérêt, mais Besler continue à assurer la direction de l’ouvrage.

La conception de l’Hortus est de Besler et, manifestement, il y a chez lui un souci esthétique important qui prend parfois le pas sur l’exactitude des représentations. Le livre est divisé en quatre parties qui correspondent aux quatre saisons et l’ouvrage s’ouvre sur les fleurs du printemps. Les plantes n’y sont pas classées par famille et l’accent est mis sur les plantes rares ou exotiques.

L’ensemble des planches ne sont pas dessinées à Eichstätt. Certaines le sont à Nuremberg à partir de spécimens envoyés d’Eichstätt ou de sa région, ou encore à partir de plantes qui proviennent, soit du jardin de Besler à Nuremberg, soit qui lui ont été envoyées par des amis tels que Camerarius le Jeune ou Clusius.

Les gravures sur cuivre sont faites d’après des dessins dont le nom des auteurs n’est pas connu, mais un certain nombre de graveurs ont été identifiés, parmi ceux-ci : Wolfgang Killian, auteur du frontispice notamment et Johan Leÿpold auteur de plusieurs planches et de la gravure qui sépare les classes.

L’ouvrage de format imposant, 55 x 45 cm, comporte 367 gravures décrivant plus de 1.000 plantes. Deux éditions sont publiées en 1613, l’une avec texte et planches, et l’autre sans le texte à un prix plus modique. La première édition fut tirée à 300 exemplaires vendus 35 florins ou plus de 500 florins pour les exemplaires dont les planches ont été peintes.

C. Oger

PINAULT SORENSEN Madeleine, Le livre de botanique XVIIe et XVIIIe siècles, BNF, Paris, 2008, 256 p.

BARKER, Nicolas, Hortus Eystettensis. the bishop’s garden and Besler’s magnificent book, Londres, 1994.

 

 

 

Consulter l'intégralité de cette œuvre sur DONum

 

 

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Photographies des bannières © Jean-Louis Wertz


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